Solann - Si on sombre ce sera beau
Coupe sombre
Il se peut que vous ayez entendu parler d'elle.
Elle s'appelle Solann. Avec un point sous le o comme sous ses yeux.
Cette jeune femme, qui connaît actuellement une ascension fulgurante, se destinait en fait au théâtre. Il aura fallu que le Covid passe par là pour qu'elle se tourne plutôt vers la chanson. Tant mieux !
Dans le style musical, sa ressemblance avec Pomme (du moins, celle des débuts) saute aux yeux : belle voix très mélodieuse, vocalises aiguës, arrangements souvent dépouillés, refrains entêtants. Et même dans les thèmes abordés (insomnie, sorcière, oiseau, mort).
Mais cette admiratrice de Barbara et d'Anne Sylvestre va plus loin, développant ses textes comme des séances chez le psy (à l'instar de sa copine Zaho de Sagazan), avec un féminisme et une culpabilité exacerbés ("Rome", "Les draps").
Et une omniprésente métaphore de la faim. C'est qu'elle en a dans le ventre, cette petite ("Petit corps").
Le titre de son album, Si on sombre ce sera beau, comporte un double sens : littéral (esthétique de la chute) et figuré (comme quand on dit « si on arrive à ça déjà ce sera beau »).
Et puis Si On Sombre ça fait S.O.S. ! Étonnant non ?
En parcourant le disque j'ai l'impression qu'on se trouve face à 2 sortes de chansons : les chansons douces et profondes, belle mélodie, le plus souvent accompagnée de gouttes d'ukulélé, son instrument de prédilection, et les chansons plus enlevées avec des accompagnements plus étoffés et des paroles pas toujours super compréhensibles immédiatement.
Et aucune chanson "intermédiaire".
Frappante, "Les draps" démarre presque comme une comptine nananère… sauf que. Attends, mais qu'est-ce qu'elle raconte là ? C'est quand même pas… ? Eh si. Gloups. Les paroles nous cisaillent, tandis que l'arpège poursuit sa mécanique implacable. Impossible de s'en défaire. Si c'est ce qu'elle voulait exprimer, c'est réussi, plus que de raison.
Çà et là, de petits accents orientaux apparaissent, comme dans le pré-refrain du très original "Les ogres".
Plus classique dans sa construction, "L'oiseau" me fait parfois penser à Philippe Chatel (glop) ou à Carla Bruni (pas glop).
Et les textes alors ? De constats désabusés sur les puissants qui nous dominent ("Les ogres", "Rome"), à l'attente d'un renversement de table qui semble inéluctable ("Comme les animaux", "Tout cramer"), en passant par des réflexions plus personnelles ou familiales ("Insomnie", "Mayrig", "Appelle-moi sorcière", "Marcher droit"), ce premier album très dense recèle très certainement tout ce que Solann gardait enfoui depuis l'enfance. Nous avons cette grande chance de pouvoir y accéder, et de nous y reconnaître éventuellement.
Que deviendra-t-elle après ces premiers pas plus que prometteurs ? Il se peut que vous entendiez parler d'elle encore longtemps.
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Hormis le "Préambule", parlé, qui donne le ton en 42 secondes, toutes les pistes s'échelonnent entre 2 minutes 30 et 4 minutes. Pas d'effet de longueur donc, la chanson rien que la chanson. Seule "Marcher droit" (la plus longue avec ses 4:03) tend vers l'ébauche d'une atmosphère, et vous noterez la transition invisible entre la voix et l'instrument (à 1:17) !
De par son thème, "Noctambule" aurait pu être étirée davantage, avec peut-être une fin ou une longue intro instrumentale, pour asseoir l'ambiance.
"Comme les animaux" a un bon refrain mais à mon avis le final scandé répétitif gâche un peu le truc. -
Les draps
Les ogres
Petit corps -
Mayrig
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La phrase
« Je ne regrette pas mon envie / d'avoir faim et d'aimer la vie » ("L'oiseau")
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elle
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…Et maintenant, écoutez !
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Créé le24 mars 2025


